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Guide · mise à jour le 16 mai 2026

Bilan SOPK / SMOP : quels examens parfois discutés

Cette page présente les examens qui peuvent être discutés lors d'une exploration du SOPK / SMOP. Elle ne constitue pas une ordonnance type : les examens prescrits dépendent de votre situation, de vos symptômes et des objectifs de votre consultation. C'est votre médecin qui oriente.

Information, pas un diagnostic. Cette page propose des repères généraux. Elle ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas une consultation médicale personnalisée.

Un bilan, pas une case à cocher

Il n'existe pas de bilan SOPK / SMOP standardisé applicable à toutes les patientes. Les examens sont sélectionnés selon l'objectif : confirmer un diagnostic, explorer un volet métabolique, préparer un projet de grossesse, ou surveiller des symptômes cutanés. Un bilan peut évoluer d'une consultation à l'autre, en fonction de ce que chaque résultat révèle.

Ce guide sert à connaître le vocabulaire avant votre rendez-vous, pas à vous autodiagnostiquer. Pour comprendre ce que signifie chaque résultat, voir notre guide d'interprétation.

Section 1 — Bilan hormonal

Les hormones sont au cœur de l'exploration du SOPK / SMOP. Plusieurs dosages peuvent être demandés, pas nécessairement tous en même temps.

Testostérone totale et libre

La testostérone est l'androgène le plus souvent élevé dans le SOPK. La testostérone totale est le dosage le plus courant. La testostérone libre (fraction biologiquement active) est plus informative mais plus complexe à mesurer. Un résultat isolément élevé ne suffit pas à poser le diagnostic — il doit être interprété dans le contexte clinique.

SHBG (Sex Hormone Binding Globulin)

La SHBG est une protéine de transport des hormones sexuelles. Un taux bas de SHBG augmente la fraction libre de testostérone. Dans le SOPK, la SHBG est souvent basse, en partie à cause de l'hyperinsulinémie qui en réduit la synthèse hépatique. C'est un marqueur indirect de l'excès d'androgènes.

DHEAS et androstènedione

Le DHEAS (déhydroépiandrostérone sulfate) est un androgène produit principalement par les surrénales. Son élévation peut orienter vers une origine surrénalienne des androgènes, à distinguer d'une origine ovarienne. L'androstènedione est produite par les ovaires et les surrénales ; son dosage est parfois demandé pour affiner le profil androgénique.

LH et FSH

Les gonadotrophines LH et FSH sont dosées en phase folliculaire précoce (idéalement J2 à J5 du cycle). Dans le SOPK, le rapport LH/FSH est souvent augmenté (LH disproportionnellement élevée par rapport à FSH), mais ce n'est pas un critère diagnostique suffisant à lui seul selon le guideline international 2023.

AMH (hormone antimüllérienne)

L'AMH est produite par les follicules ovariens en développement. Elle est souvent élevée dans le SOPK, reflet du grand nombre de petits follicules. Certains guidelines envisagent l'AMH comme alternative à l'échographie pour le critère morphologique. Son dosage n'est pas systématique — il se fait selon le contexte (suivi de fertilité, réserve ovarienne, surveillance sous traitement).

17-OH-progestérone, prolactine, TSH

Ces trois dosages servent principalement à exclure des diagnostics différentiels (voir section 4). La prolactine peut être élevée dans le SOPK, mais une hyperprolactinémie franche oriente vers d'autres causes. La TSH élimine une pathologie thyroïdienne qui peut mimer ou aggraver le SOPK. La 17-OH-progestérone élimine une hyperplasie congénitale des surrénales non classique (HCS).

Section 2 — Bilan métabolique

Le volet métabolique est indissociable d'une prise en charge complète du SOPK / SMOP — c'est le M de PMOS. L'Inserm et le guideline Monash 2023 recommandent un dépistage métabolique régulier.

Glycémie à jeun et HbA1c

La glycémie à jeun est le premier repère pour évaluer la tolérance au glucose. L'HbA1c reflète la glycémie moyenne sur les 3 derniers mois — elle est plus stable et moins sensible aux variations ponctuelles. Les deux sont souvent prescrits ensemble. Une glycémie entre 1,00 et 1,25 g/L indique une glycémie à jeun perturbée sans diabète constitué.

Insulinémie à jeun et HOMA-IR

L'insulinémie à jeun n'est pas systématiquement prescrite dans tous les pays. Combinée à la glycémie, elle permet de calculer le score HOMA-IR — un indicateur de résistance à l'insuline dont les seuils varient selon le laboratoire et la méthode de dosage. Vous pouvez calculer votre score avec notre outil prudent.

Bilan lipidique

Le bilan lipidique comprend le cholestérol total, le LDL-cholestérol, le HDL-cholestérol et les triglycérides. Dans le SOPK, le profil lipidique est souvent perturbé : LDL et triglycérides élevés, HDL bas. Ce profil contribue au risque cardiovasculaire à long terme. Un bilan lipidique annuel est souvent recommandé dès le diagnostic.

La tension artérielle est mesurée en consultation — pas un examen biologique, mais un paramètre métabolique important à suivre dans le SOPK.

Section 3 — Imagerie : l'échographie pelvienne

L'échographie pelvienne est l'examen d'imagerie de référence dans le bilan du SOPK. Elle peut être réalisée par voie transvaginale(plus précise) ou sus-pubienne selon le contexte et les préférences.

Le critère diagnostique morphologique actualisé en 2023 est la présence d'au moins 20 follicules par ovaire ou un volume ovarien supérieur à 10 cm³ (sans kyste folliculaire ou corps jaune). Ce seuil a été révisé à la hausse par rapport aux critères Rotterdam initiaux (12 follicules en 2003) pour tenir compte de l'amélioration des sondes d'échographie.

Rappel important : ne pas avoir de follicules nombreux à l'échographie n'exclut pas le SOPK — et les avoir ne le confirme pas non plus. L'échographie est un critère parmi trois (avec l'hyperandrogénisme clinique/biologique et les cycles irréguliers).

Section 4 — Diagnostics différentiels à exclure

Plusieurs pathologies peuvent se présenter avec des symptômes similaires au SOPK. Les exclure fait partie de la démarche diagnostique :

  • Pathologie thyroïdienne — une hypothyroïdie peut entraîner des cycles irréguliers, une prise de poids et une fatigue. La TSH est quasi systématiquement demandée.
  • Hyperprolactinémie — une prolactine élevée peut provoquer des cycles longs ou absents. Peut être due à un microadénome hypophysaire ou à certains médicaments.
  • Hyperplasie congénitale des surrénales (HCS) non classique — forme modérée de déficit en 21-hydroxylase. Dépistée par le dosage de la 17-OH-progestérone, idéalement le matin à jeun en phase folliculaire précoce.
  • Syndrome de Cushing — hypercortisolisme pouvant mimer le SOPK (prise de poids, hirsutisme, cycles irréguliers). À évoquer devant un tableau clinique particulier. Rarement la première hypothèse.

Section 5 — Quand refaire le bilan ?

La fréquence dépend du profil de chaque patiente et de l'évolution clinique. En pratique :

  • Bilan métabolique (glycémie, HbA1c, lipides) : souvent annuel ou bisannuel, selon le profil de risque. Le guideline Monash 2023 recommande un dépistage régulier dès le diagnostic.
  • Bilan hormonal : à adapter selon les objectifs — refaire si la situation change (nouveau traitement, projet de grossesse, symptômes différents).
  • Tension artérielle et poids : à chaque consultation.

Ces fréquences sont indicatives. Votre médecin adapte selon votre profil.

Questions fréquentes

Faut-il être à jeun pour tous les examens ?

Non, pas tous. La glycémie à jeun, l'insulinémie, le bilan lipidique et certains dosages hormonaux (testostérone notamment) requièrent un jeûne de 8 à 12 heures. D'autres comme la TSH ou l'AMH peuvent se faire sans jeûne. Votre médecin ou le laboratoire vous précisera les conditions selon les examens prescrits.

À quel moment du cycle faut-il faire le bilan hormonal ?

Pour LH, FSH et œstradiol, le dosage se fait idéalement entre le 2e et le 5e jour du cycle (J2-J5), afin de mesurer les valeurs basales en phase folliculaire précoce. La testostérone peut se doser à tout moment, de même que la prolactine, le DHEAS, la TSH et l'AMH. En cas d'aménorrhée (absence de règles), votre médecin choisira le moment selon le contexte.

Les examens sont-ils remboursés par l'Assurance maladie ?

En France, la plupart des bilans prescrits dans le cadre d'une exploration du SOPK / SMOP sont remboursés lorsqu'ils sont prescrits par un médecin (généraliste, gynécologue, endocrinologue). Certains dosages moins courants (androstènedione, AMH) peuvent être partiellement remboursés selon l'indication. Un devis peut être demandé au laboratoire avant la prise de sang. Source : Ameli.fr.

Qui peut prescrire ce bilan ?

Un médecin généraliste peut prescrire la grande majorité du bilan (glycémie, hormones classiques, bilan lipidique, TSH, prolactine, échographie pelvienne). Un gynécologue, une sage-femme ou un endocrinologue peuvent compléter selon le contexte. Vous n'avez pas nécessairement besoin d'un spécialiste pour un premier bilan d'orientation.

Combien de temps les résultats restent-ils valables ?

Il n'existe pas de règle absolue. Les paramètres hormonaux peuvent varier avec le cycle, le stress, un traitement ou une prise de poids. En pratique, un bilan réalisé il y a plus de 12 mois est souvent refait si la situation clinique a évolué. Pour le bilan métabolique (glycémie, HbA1c, lipides), un contrôle annuel est souvent recommandé. Votre médecin adapte la fréquence à votre profil.

Faut-il faire tous ces examens d'un coup ?

Non. Le bilan est adapté à l'objectif de la consultation (diagnostic initial, suivi métabolique, projet de grossesse, symptômes cutanés). Il est courant que le bilan soit réalisé en plusieurs étapes, en fonction de ce que chaque résultat révèle. Inutile de tout demander en une seule fois — c'est votre médecin qui oriente selon la priorité clinique.

Sources principales

Page rédigée à partir de sources publiques officielles. Elle ne constitue pas une prescription ni un conseil médical personnalisé. Pour toute question sur vos résultats, consultez votre médecin.