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Guide · mise à jour le 16 mai 2026

Comprendre mes analyses dans le SOPK / SMOP

Ce guide n'interprète pas vos résultats personnels — il explique à quoi sert chaque marqueur, ce qui peut l'influencer et pourquoi il s'interprète toujours dans un contexte. L'interprétation reste du ressort de votre médecin.

Information, pas un diagnostic. Cette page propose des repères généraux. Elle ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas une consultation médicale personnalisée.

Catégorie 1 — Hormones reproductives

Testostérone totale et libre

À quoi ça sert : principal androgène à explorer dans le SOPK. La testostérone totale mesure l'ensemble de la testostérone circulante. La testostérone libre est la fraction biologiquement active, plus difficile à mesurer directement.

Ce qui peut l'influencer : heure du prélèvement (plus élevée le matin), phase du cycle, grossesse, certains contraceptifs, indice de masse corporelle, stress, laboratoire.

À interpréter dans le contexte : une valeur dans les normes du laboratoire n'exclut pas un excès d'androgènes clinique (hirsutisme, acné) si la SHBG est basse. La testostérone totale seule est insuffisante.

SHBG (Sex Hormone Binding Globulin)

À quoi ça sert : protéine de transport des hormones sexuelles. Un taux bas de SHBG augmente la fraction libre de testostérone — et donc son activité biologique — même si la testostérone totale semble normale.

Ce qui peut l'influencer : hyperinsulinémie (la SHBG baisse quand l'insuline est élevée), obésité, hypothyroïdie, androgènes exogènes, certains contraceptifs (la pilule œstroprogestative augmente souvent la SHBG).

À interpréter : souvent dosée conjointement à la testostérone pour calculer l'index des androgènes libres (IAL ou FAI).

DHEAS (déhydroépiandrostérone sulfate)

À quoi ça sert : androgène produit principalement par les surrénales (≈ 90 %). Une élévation isolée du DHEAS oriente davantage vers une origine surrénalienne qu'ovarienne des androgènes.

Ce qui peut l'influencer : stress, activité physique intense, tabac, certains médicaments. Diminue naturellement avec l'âge.

À interpréter : surtout utile pour orienter sur l'origine des androgènes quand la testostérone est élevée.

Androstènedione

À quoi ça sert : précurseur de la testostérone, produit par les ovaires et les surrénales. Son dosage complète le profil androgénique quand le bilan initial est incomplet.

Ce qui peut l'influencer : phase du cycle, heure du prélèvement, stress. Peut être élevée dans le SOPK même si la testostérone est normale.

LH et FSH

À quoi ça sert : gonadotrophines qui pilotent le cycle ovarien. La FSH stimule le développement folliculaire ; la LH déclenche l'ovulation. Dans le SOPK, le rapport LH/FSH est souvent augmenté, mais ce n'est plus un critère diagnostique formel.

Ce qui peut l'influencer : phase du cycle (c'est pourquoi on dose en J2-J5), surpoids, stress, contraceptifs hormonaux (qui suppriment LH et FSH).

À interpréter : utiles surtout pour le bilan de fertilité ou pour évaluer une insuffisance ovarienne hypothalamique.

AMH (hormone antimüllérienne)

À quoi ça sert : produite par les petits follicules en développement. Reflète la réserve ovarienne. Souvent élevée dans le SOPK en raison du grand nombre de follicules antraux. Peut remplacer l'écho pour le critère morphologique selon certains protocoles.

Ce qui peut l'influencer : âge (diminue avec les années), contraceptifs hormonaux (peuvent réduire l'AMH de 20 à 50 %), méthode de dosage (kits non standardisés — comparaison inter-laboratoires difficile).

À interpréter : une AMH élevée ne signifie pas infertilité. Elle indique une réserve abondante. La question dans le SOPK est plutôt l'ovulation (sa présence ou son absence), pas la quantité d'ovocytes.

Œstradiol

À quoi ça sert : œstrogène principal, produit par le follicule dominant. Dosé en phase folliculaire pour évaluer l'activité ovarienne de base.

Ce qui peut l'influencer : phase du cycle (pic péri-ovulatoire très élevé), contraceptifs, stress, troubles alimentaires.

Progestérone (J21)

À quoi ça sert : dosée en phase lutéale (autour de J21 dans un cycle de 28 jours, ou 7 jours après la présumée ovulation) pour confirmer qu'une ovulation a eu lieu. Un taux bas peut indiquer une anovulation.

À interpréter : si le cycle est irrégulier, le moment du dosage est incertain — votre médecin adapte selon le contexte.

Catégorie 2 — Hormones connexes

TSH (thyroid-stimulating hormone)

À quoi ça sert : évalue la fonction thyroïdienne. Une hypothyroïdie peut provoquer des cycles irréguliers, une fatigue, une prise de poids et un profil lipidique perturbé — symptômes qui se croisent avec le SOPK.

Ce qui peut l'influencer : heure du prélèvement (légèrement plus élevée la nuit), maladie intercurrente, médicaments (lithium, iode, etc.).

À interpréter : la TSH est quasi systématiquement demandée comme diagnostic différentiel. Une TSH normale n'exclut pas une pathologie thyroïdienne auto-immune — un bilan plus complet peut être discuté selon le contexte.

Prolactine

À quoi ça sert : hormone qui peut inhiber l'axe hypothalamo-hypophyso-ovarien et provoquer des cycles absents ou irréguliers. Une hyperprolactinémie peut mimer le SOPK.

Ce qui peut l'influencer : stress au moment du prélèvement (une seule prise de sang stressante peut faussement élever la prolactine), rapports sexuels récents, allaitement, certains médicaments (antipsychotiques, métoclopramide). En cas d'élévation, un deuxième dosage au calme est souvent recommandé.

17-OH-progestérone

À quoi ça sert : dépiste une hyperplasie congénitale des surrénales (HCS) non classique, notamment le déficit en 21-hydroxylase. Cette forme modérée peut se présenter comme un SOPK (hirsutisme, cycles irréguliers, parfois acné).

Ce qui peut l'influencer : phase du cycle (valeurs plus élevées en phase lutéale), heure du prélèvement (plus élevée le matin à jeun, qui est le moment recommandé). Dosée idéalement en J2-J5.

Catégorie 3 — Marqueurs métaboliques

Glycémie à jeun

À quoi ça sert : évalue la tolérance au glucose. Dans le SOPK, le risque de diabète de type 2 est multiplié par 3 à 5. La glycémie à jeun est le premier dépistage.

Ce qui peut l'influencer : repas récent (d'où le jeûne obligatoire), stress aigu, corticoïdes, certains médicaments. Peut varier d'un jour à l'autre — une valeur unique n'est pas définitive.

Seuils indicatifs (selon OMS) : < 1,00 g/L normal ; 1,00–1,25 g/L glycémie à jeun perturbée (pré-diabète) ; ≥ 1,26 g/L à confirmer par un 2e dosage ou une HbA1c.

HbA1c (hémoglobine glyquée)

À quoi ça sert : reflet de la glycémie moyenne sur les 3 derniers mois. Plus stable que la glycémie ponctuelle, elle n'est pas affectée par le jeûne ou le repas du jour.

Ce qui peut l'influencer : pathologies des globules rouges (anémie, drépanocytose) qui faussent les résultats. La grossesse peut également modifier l'interprétation.

Insuline à jeun

À quoi ça sert : combinée à la glycémie, permet de calculer le HOMA-IR et d'évaluer indirectement la résistance à l'insuline. Pas systématiquement prescrite dans tous les contextes cliniques.

Ce qui peut l'influencer : repas récent (d'où le jeûne), méthode de dosage (kits très variables entre laboratoires — c'est une des limites du HOMA-IR).

HOMA-IR

À quoi ça sert : index calculé à partir de la glycémie et de l'insulinémie à jeun pour estimer la résistance à l'insuline. Formule : (glycémie mmol/L × insuline µU/mL) / 22,5. Vous pouvez calculer votre score avec notre outil prudent.

Ses limites : les seuils varient selon les laboratoires, les méthodes de dosage de l'insuline et les pays. Un score autour de 1,0 est souvent cité comme référence chez l'adulte sans diabète ; au-delà de 2,5–3,0 une résistance à l'insuline est souvent évoquée — mais ces seuils ne sont pas universels. Ne vous interprétez jamais seule.

Bilan lipidique

À quoi ça sert : évalue le risque cardiovasculaire. Le profil lipidique le plus souvent observé dans le SOPK : LDL et triglycérides élevés, HDL bas. Ces anomalies sont souvent liées à l'insulino-résistance.

Ce qui peut l'influencer : alimentation récente (d'où le jeûne recommandé), médicaments (contraceptifs œstroprogestatifs peuvent modifier le profil lipidique), activité physique, tabac.

Les quatre valeurs à connaître : cholestérol total (CT), LDL-cholestérol (le “mauvais”), HDL-cholestérol (le “bon” — protection cardiovasculaire), et triglycérides.

Comment apporter ces résultats à mon médecin ?

Un résumé structuré — avec la date du prélèvement, le moment du cycle, les traitements en cours et vos questions — aide votre médecin à contextualiser rapidement vos analyses.

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Questions fréquentes

Pourquoi le moment du cycle est-il si important pour les dosages hormonaux ?

Les hormones reproductives fluctuent énormément au cours du cycle menstruel. LH, FSH et œstradiol atteignent des pics en milieu de cycle (autour de l'ovulation) et des creux en début de cycle. Pour comparer des résultats entre elles et avec les normes de référence, les dosages se font à des moments standardisés — généralement entre J2 et J5 pour les valeurs basales. Hors de ces fenêtres, les valeurs sont difficiles à interpréter.

Faut-il être à jeun pour tous les dosages ?

Non. La glycémie à jeun, l'insulinémie, le bilan lipidique, et souvent la testostérone requièrent un jeûne de 8 à 12 heures. La TSH, l'AMH, la prolactine et la 17-OH-progestérone peuvent généralement se doser sans jeûne strict, selon les protocoles locaux. Votre laboratoire vous précisera les conditions.

Qu'est-ce qu'un résultat « normal » pour ces marqueurs ?

Il n'existe pas de valeur normale universelle. Chaque laboratoire définit ses propres intervalles de référence selon sa méthode de dosage, la population étudiée et les kits utilisés. Une valeur « en dehors des normes » doit toujours être lue avec les intervalles du laboratoire qui a fait l'analyse, et interprétée dans le contexte clinique par votre médecin.

Mon AMH est élevée — cela veut-il dire que je suis infertile ?

Non. Une AMH élevée témoigne d'un grand nombre de follicules en réserve — ce qui est courant dans le SOPK. Une réserve ovarienne élevée ne signifie pas infertilité : le problème dans le SOPK est souvent l'absence ou la rareté de l'ovulation (anovulation), pas le manque d'ovocytes. Une AMH élevée peut même être un facteur favorable dans certains protocoles de fécondation in vitro. C'est votre médecin qui contextualise ce résultat dans votre bilan global.

Faut-il refaire le bilan si les seuils varient d'un laboratoire à l'autre ?

En cas de doute sur l'interprétation d'un résultat, il peut être utile de refaire le dosage dans le même laboratoire pour avoir des valeurs comparables (même méthode, mêmes intervalles). Changer de laboratoire en cours de suivi peut introduire des variations qui n'ont pas de signification clinique réelle. Mentionnez à votre médecin tout changement de laboratoire.

Comment me préparer à apporter mes résultats à mon médecin ?

Apportez toujours vos résultats papier ou numériques avec les intervalles de référence du laboratoire, la date du prélèvement et le moment du cycle si vous le connaissez. Pour organiser ces informations de façon structurée, vous pouvez utiliser notre outil de préparation de consultation.

Sources principales

Page rédigée à partir de sources publiques officielles. Elle ne constitue pas une interprétation de vos résultats personnels. Pour toute question sur votre bilan, consultez votre médecin.