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Guide · mise à jour le 16 mai 2026

SMOP, c'est quoi ? Définition simple et sourcée

SMOP est la traduction française de PMOS — Polyendocrine Metabolic Ovarian Syndrome, le nouveau nom international du SOPK officialisé en mai 2026. C'est le même syndrome, avec un nom qui reflète enfin sa réalité : hormonal, métabolique, ovarien, et bien au-delà des seuls ovaires.

Information, pas un diagnostic. Cette page propose des repères généraux. Elle ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas une consultation médicale personnalisée.

Qu'est-ce que le SMOP / PMOS ?

Pendant des décennies, on a parlé de syndrome des ovaires polykystiques — un nom centré sur des « kystes » qui n'en sont pas vraiment, et sur les ovaires, alors que le syndrome touche bien d'autres systèmes. Le 12 mai 2026, une publication dans The Lancet et une annonce de l'Endocrine Society ont officialisé un nouveau nom international : PMOS, traduit en français SMOP.

Décortiquons l'acronyme PMOS :

  • Poly-endocrine — plusieurs perturbations hormonales coexistent et interagissent : l'insuline, les androgènes (testostérone, DHEAS), les hormones de l'axe LH/FSH. Ce n'est pas un trouble d'une seule hormone, mais d'un système entier.
  • Metabolic — la résistance à l'insuline est un mécanisme central, présent chez une grande proportion des femmes concernées. Elle augmente le risque de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires.
  • Ovarian — le dysfonctionnement ovarien (cycles irréguliers, anovulation) reste une caractéristique définissante. Mais ce n'est plus la seule dimension du syndrome.

Selon l'Endocrine Society, ce syndrome concerne environ 1 femme sur 8 dans le monde, soit plus de 170 millions de personnes. L'OMS estime la prévalence à 10–13 % des femmes en âge de procréer, dont jusqu'à 70 % seraient encore non diagnostiquées.

Pourquoi ce nouveau nom ?

Le consensus international qui a abouti au renaming de mai 2026 a impliqué plus de 22 000 réponses à une enquête mondiale, des dizaines d'organisations professionnelles et de patientes, et onze ans de travail coordonné par l'équipe de l'Université Monash (Australie). Plusieurs raisons ont motivé ce changement :

  • Ce qu'on appelait « kystes » sont en réalité des follicules en attente de maturation — pas de véritables kystes. Beaucoup de femmes concernées n'en présentent d'ailleurs pas.
  • Le terme « polykystique » orientait vers une pathologie purement gynécologique, alors que le syndrome est multi-systémique.
  • Le SMOP touche la peau (acné, hirsutisme, alopécie), le métabolisme (insulino-résistance, poids, risque cardiovasculaire), la santé mentale (risque d'anxiété et de dépression 3 à 4 fois supérieur à la population générale) et la fertilité.
  • L'ancien nom retardait des diagnostics chez les femmes qui « n'avaient pas de kystes » ou dont les cycles semblaient normaux.
  • Le nouveau nom, PMOS/SMOP, remet le corps entier au centre et rend le syndrome plus lisible pour les patientes comme pour les soignants.

Comment savoir si je suis concernée ?

Le SMOP se manifeste différemment selon les personnes. Quatre grands domaines de symptômes peuvent alerter, seuls ou en combinaison :

  • Cycles irréguliers : espacés (plus de 35 jours), très courts, ou absents depuis plus de 3 mois sans autre cause évidente.
  • Signes d'hyperandrogénie clinique : acné persistante (surtout menton et mâchoire), pilosité excessive de type masculin (hirsutisme), chute de cheveux avec recul de la ligne frontale.
  • Anomalies métaboliques : résistance à l'insuline, difficulté à gérer le poids (notamment abdominal), fatigue post-prandiale, fringales sucrées.
  • Difficultés de fertilité : anovulation chronique ou irrégulière, essais de conception infructueux.

Ces symptômes orientent, mais seul un professionnel de santé peut évaluer leur signification dans votre contexte. Pour organiser ce que vous vivez avant une consultation, le dossier de préparation peut vous aider.

Comment est posé le diagnostic ?

Le diagnostic repose sur les critères de Rotterdam (2003, mis à jour par le guideline international 2023 ) : 2 critères sur 3 sont nécessaires.

  1. Oligo-anovulation : cycles irréguliers ou absents, traduisant une ovulation rare ou absente.
  2. Hyperandrogénie clinique ou biologique : acné, hirsutisme, alopécie androgénique — ou testostérone / DHEAS élevée à la biologie.
  3. Morphologie ovarienne polykystique à l'échographie, ou AMH élevée : présence de nombreux petits follicules sur les ovaires, ou hormone antimulerienne élevée selon les seuils du laboratoire.

Avant de conclure à un SMOP, le médecin doit exclure d'autres causes qui peuvent donner des symptômes similaires : dysfonction thyroïdienne (TSH), hyperprolactinémie (prolactine), hyperplasie congénitale des surrénales (17-OH-progestérone), syndrome de Cushing dans les cas atypiques. L'Ameli détaille ces étapes dans ses fiches patient.

Et maintenant ?

Comprendre ce qu'est le SMOP est un premier pas. Pour aller plus loin, plusieurs ressources de ce site peuvent vous accompagner :

Questions fréquentes

SMOP et SOPK sont-ils la même chose ?

Oui, exactement. SMOP est la traduction française de PMOS, le nouveau nom international du SOPK depuis mai 2026. Les critères diagnostiques, la prise en charge et la réalité du syndrome n'ont pas changé. Si vous avez été diagnostiquée avec un SOPK, vous avez désormais un SMOP — aucune démarche de votre part n'est nécessaire.

Faut-il avoir des kystes pour être concernée ?

Non. Ce qu'on appelle improprement « kystes » sont en réalité de petits follicules ovariens en attente de maturation, visibles à l'échographie. Beaucoup de femmes concernées par le SMOP n'en présentent pas du tout. C'est précisément l'une des raisons pour lesquelles le nom « polykystique » a été abandonné : il était source de confusion et retardait des diagnostics.

Le SMOP est-il rare ?

Non, c'est l'un des syndromes endocriniens les plus fréquents. Selon l'Endocrine Society, environ 1 femme sur 8 est concernée dans le monde, soit plus de 170 millions de personnes. L'OMS estime sa prévalence à 10-13 % des femmes en âge de procréer, dont jusqu'à 70 % seraient encore non diagnostiquées.

Qui pose le diagnostic ?

Un médecin généraliste peut initier les premiers examens (bilan hormonal, glycémie, prise en compte des symptômes). Un gynécologue ou un endocrinologue prend ensuite le relais pour les bilans approfondis, l'échographie pelvienne et la confirmation du diagnostic. Une sage-femme peut également être un premier interlocuteur, notamment pour les questions de cycles et de fertilité.

Le SMOP est-il une maladie à vie ?

C'est un syndrome chronique, ce qui veut dire qu'il se gère dans la durée plutôt qu'il ne disparaît. Les symptômes peuvent fluctuer avec le temps, s'améliorer pendant certaines périodes, s'atténuer après la ménopause. L'objectif n'est pas de « vaincre » le syndrome, mais de le comprendre et de l'accompagner avec un suivi adapté : gynécologique, métabolique, et si besoin psychologique.

Sources principales

Page rédigée à partir de sources publiques officielles. Elle n'a pas vocation à poser un diagnostic ni à recommander un traitement. Pour toute décision médicale, consultez un professionnel de santé.