Glossaire SOPK / SMOP
Certains termes reviennent systématiquement dans les consultations, les analyses et les lectures sur le SOPK / SMOP. Ce glossaire explique les 30 termes les plus fréquents — pour vous aider à déchiffrer vos résultats et préparer vos questions, pas pour vous auto-diagnostiquer.
Critères diagnostiques & phénotypes
Le SOPK ne se diagnostique pas sur un seul dosage : il repose sur une combinaison de critères et l'exclusion d'autres causes. Ces termes décrivent la logique du diagnostic — les critères de Rotterdam, les quatre phénotypes et les diagnostics différentiels à écarter. Les comprendre aide à saisir pourquoi deux femmes « SOPK » peuvent avoir des bilans très différents.
Un des 3 critères de Rotterdam. Se traduit par des cycles longs ou absents. Première cause d'infertilité par anovulation dans le SOPK.
Standard international : 2 critères sur 3 (oligo-anovulation, hyperandrogénie, PCOM) après exclusion des diagnostics différentiels.
4 phénotypes selon les critères présents. Le phénotype D (sans hyperandrogénie) est souvent sous-diagnostiqué.
Critères alternatifs plus restrictifs. Le NIH 1990 exclut les phénotypes C et D ; l'ESHRE 2023 est le standard actuel.
HCS non classique, Cushing, hyperprolactinémie, tumeurs androgéno-sécrétantes, dysthyroïdie, IOP.
Androgènes & hyperandrogénie
L'excès d'androgènes est au cœur du SOPK et explique une grande partie des symptômes visibles (acné, hirsutisme, chute de cheveux). Cette section regroupe les dosages et scores utilisés pour objectiver cette hyperandrogénie, ainsi que la SHBG, la protéine de transport qui détermine la fraction réellement active des hormones.
Hormones présentes chez tous, parfois en excès dans le SOPK. Un excès peut causer acné, hirsutisme, alopécie.
Un des 3 critères diagnostiques du SOPK. Peut être clinique (symptômes visibles) ou biologique (dosages élevés).
Protéine de transport des hormones sexuelles. Souvent basse dans le SOPK, ce qui augmente la fraction libre des androgènes.
Androgène surrénalien. Élevé dans ~20-30 % des SOPK. Permet le diagnostic différentiel avec les tumeurs surrénaliennes.
Critère biologique d'hyperandrogénie. La testostérone libre est plus pertinente que la totale dans le SOPK.
Score 0-36 sur 9 zones. Seuil > 4-6 selon ethnie. Critère d'hyperandrogénie clinique de Rotterdam.
Métabolisme, insuline & glycémie
Chez une majorité de femmes avec un SOPK, la résistance à l'insuline joue un rôle central et entretient l'excès d'androgènes. Ces marqueurs servent à dépister et suivre le versant métabolique du syndrome — souvent négligé alors qu'il conditionne le risque à long terme (diabète de type 2, maladies cardiovasculaires).
Une résistance à l'insuline est fréquente dans le SOPK (30–80 %). Elle peut amplifier les androgènes ovariens.
Indice calculé à partir de la glycémie et de l'insuline à jeun. Ses seuils varient — toujours interpréter avec un médecin.
Normal < 5,6 mmol/L. Insuffisant seul pour dépister la résistance à l'insuline dans le SOPK — préférer l'HGPO.
Reflet de la glycémie sur 3 mois. Normal < 5,7 %. Recommandé annuellement dans le SOPK à risque métabolique.
Gold standard pour dépister la résistance à l'insuline dans le SOPK. 75 g glucose oral, mesure T0/T60/T120.
Utilisée avec la glycémie pour calculer le HOMA-IR. Normal < 10 mU/L à jeun.
Dyslipidémie athérogène fréquente dans le SOPK : TG élevés, HDL bas, LDL dense. Bilan annuel recommandé.
Épaississement cutané hyperpigmenté du cou et des aisselles. Signal visuel fort d'hyperinsulinémie dans le SOPK.
Hormones de la reproduction
Ces hormones orchestrent le cycle menstruel et l'ovulation. Dans le SOPK, leur équilibre est perturbé (ratio LH/FSH, AMH élevée, progestérone basse en l'absence d'ovulation). Les doser permet de comprendre les cycles irréguliers et d'évaluer la fertilité.
Marqueur de la réserve folliculaire, souvent élevé dans le SOPK. Une AMH élevée ne signifie pas infertilité.
Ratio LH/FSH souvent > 2:1 dans le SOPK. L'élévation de LH est responsable de l'hyperstimulation des cellules thécales.
Souvent bas-normal dans le SOPK. Utilisé pour monitorer la stimulation folliculaire et préparer l'endomètre.
Un taux J21 ≥ 16 nmol/L prouve l'ovulation. Souvent bas dans le SOPK anovulatoire.
Souvent élevée dans le SOPK (reflet du grand nombre de follicules antraux). Inhibe la FSH.
Autres axes hormonaux à explorer
Avant de conclure à un SOPK, le médecin vérifie systématiquement que d'autres glandes (thyroïde, hypophyse, surrénales) ne sont pas en cause, car plusieurs affections imitent ses symptômes. Ces dosages font partie du bilan initial pour éviter une erreur de diagnostic.
Différentiel important : l'hyperprolactinémie peut mimer le SOPK. Dosage systématique dans le bilan initial.
Dépistage obligatoire dans le bilan SOPK : la thyroïdite de Hashimoto est 5 à 10 fois plus fréquente dans le SOPK.
Exclut l'hyperplasie congénitale des surrénales non classique, principal diagnostic différentiel du SOPK.
Différentiel avec le syndrome de Cushing. Test de freinage à la dexaméthasone si suspicion clinique.
Imagerie ovarienne
L'échographie complète les dosages sanguins en évaluant la morphologie des ovaires. Attention : un aspect « polykystique » seul ne suffit pas à poser le diagnostic, et il est fréquent chez les femmes jeunes sans SOPK.
Questions fréquentes
Par quels dosages commence le bilan SOPK ?
Le bilan initial associe généralement un dosage des androgènes (testostérone, parfois DHEA-S et SHBG), un bilan thyroïdien (TSH) et de la prolactine pour écarter les diagnostics différentiels, plus une évaluation métabolique (glycémie à jeun, voire HGPO). L'ordre exact dépend de vos symptômes et reste décidé par votre médecin.
Une AMH élevée signifie-t-elle que je suis infertile ?
Non. Dans le SOPK, l'AMH est souvent élevée car elle reflète le grand nombre de follicules présents sur les ovaires — c'est plutôt un signe de réserve ovarienne abondante. Elle n'indique ni la qualité des ovules ni une infertilité ; beaucoup de femmes avec un SOPK conçoivent, parfois avec accompagnement.
Faut-il être à jeun pour ces analyses ?
Plusieurs dosages métaboliques (glycémie à jeun, insulinémie, HGPO, bilan lipidique) exigent un jeûne de 8 à 12 heures. Certains dosages hormonaux doivent aussi être réalisés à un moment précis du cycle. Demandez toujours les consignes exactes au laboratoire ou à votre médecin avant le prélèvement.
Quelle différence entre hyperandrogénie clinique et biologique ?
L'hyperandrogénie clinique correspond aux signes visibles (acné, hirsutisme évalué par le score de Ferriman-Gallwey, alopécie), tandis que l'hyperandrogénie biologique repose sur des dosages sanguins élevés. L'un des deux suffit à valider ce critère de Rotterdam — on peut donc avoir des symptômes sans dosage anormal, et inversement.
Ce glossaire remplace-t-il l'avis d'un médecin ?
Non. Ces définitions sont des vulgarisations destinées à vous aider à lire vos résultats et à préparer vos questions. Seul un médecin disposant de votre contexte clinique complet peut interpréter vos analyses et poser un diagnostic.
Pour aller plus loin : quels examens discuter · comprendre mes analyses · résistance à l'insuline