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Glossaire SOPK · mise à jour le 18 mai 2026

Autres critères diagnostiques

NIH 1990, AES 2006, PCOS-SOC 2013 et ESHRE 2023

Cette définition est une vulgarisation à destination des personnes cherchant à comprendre l'histoire du diagnostic du SOPK. Le diagnostic est posé par un médecin.

Pourquoi plusieurs systèmes de critères ?

Le SOPK est un syndrome aux multiples visages. Au fil des années, différentes sociétés savantes ont proposé leurs propres critères diagnostiques. Ces systèmes ne donnent pas tous les mêmes réponses à la question « qui a un SOPK ? » — ce qui a des conséquences concrètes sur les patientes qui reçoivent ou non un diagnostic.

NIH 1990 — Le plus restrictif

Les critères NIH (National Institutes of Health, 1990) sont les premiers à avoir été formalisés. Ils requièrent la présence simultanée de :

  • Hyperandrogénisme (clinique ou biologique) — obligatoire
  • Oligo-anovulation — obligatoire

Ces critères sont les plus restrictifs : ils excluent automatiquement les phénotypes C (ovulatoire) et D (normo-androgénique). Environ 30 à 40 % des personnes qui répondent aux critères de Rotterdam ne répondent pas aux critères NIH. Ces critères restent utilisés dans certaines études pour comparer des populations homogènes.

AES 2006 — L'hyperandrogénisme comme critère obligatoire

Les critères de l'Androgen Excess Society (AES, 2006) requièrent :

  • Hyperandrogénisme (clinique ou biologique) — obligatoire
  • Au moins un parmi : oligo-anovulation OU PCOM

Ce système reconnaît les phénotypes A, B et C, mais exclut le phénotype D (normo-androgénique). La position de l'AES est que le SOPK est avant tout une maladie de l'excès d'androgènes — ce qui est contesté par certaines études montrant que le phénotype D présente aussi des anomalies métaboliques.

PCOS-SOC 2013 — Adoption de Rotterdam

Le PCOS-SOC (Androgen Excess and PCOS Society, 2013) a révisé sa position et adopté les critères de Rotterdam comme standard, tout en produisant des recommandations pratiques pour le dépistage et le traitement des complications métaboliques. C'est une étape importante vers l'harmonisation internationale.

ESHRE 2023 — La recommandation actuelle la plus complète

Les recommandations ESHRE 2023 (Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polycystic Ovary Syndrome) constituent la mise à jour la plus récente et la plus exhaustive. Elles :

  • Confirment les critères de Rotterdam comme standard international
  • Mettent à jour le seuil PCOM (AFC ≥ 20 follicules/ovaire)
  • Introduisent l'AMH comme alternative potentielle au critère échographique
  • Élargissent les recommandations au-delà du diagnostic : bilan métabolique, santé mentale, qualité de vie

Ce que ça change pour les patientes

Le choix des critères détermine concrètement qui est diagnostiqué. Avec les critères NIH 1990, une personne avec un phénotype D (cycles irréguliers + PCOM mais sans hyperandrogénisme) ne recevra pas de diagnostic. Avec Rotterdam, elle sera diagnostiquée et pourra bénéficier d'un suivi adapté. C'est pourquoi Rotterdam est considéré comme plus inclusif et plus proche de la réalité clinique.

À retenir

  • NIH 1990 : HA + OA obligatoires — exclut phénotypes C et D
  • AES 2006 : HA obligatoire + (OA ou PCOM) — exclut phénotype D
  • Rotterdam 2003 : 2/3 critères — inclut tous les phénotypes
  • PCOS-SOC 2013 : adopte Rotterdam
  • ESHRE 2023 : recommandation actuelle, Rotterdam + mises à jour