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sopk·smop
Glossaire SOPK · mise à jour le 18 mai 2026

Diagnostic différentiel

Pathologies à exclure avant le diagnostic de SOPK

Cette définition est une vulgarisation. Le diagnostic différentiel est réalisé par votre médecin sur la base d'un bilan clinique et biologique complet.

Pourquoi exclure d'autres pathologies ?

Les critères de Rotterdam stipulent que le diagnostic de SOPK ne peut être posé qu'après exclusion des affections pouvant provoquer des cycles irréguliers et/ou un hyperandrogénisme. Ces conditions peuvent mimer le SOPK et nécessitent des traitements spécifiques très différents.

1. Hyperplasie congénitale des surrénales non classique (HCS NC)

Symptômes mimant le SOPK : hirsutisme, cycles irréguliers, acné, élévation des androgènes (principalement DHEA-S et androstènedione).

Test discriminant : dosage de la 17-OH-progestérone à jeun en début de cycle. Un seuil > 6 nmol/L oriente vers une HCS non classique, confirmée par un test de stimulation à l'ACTH. La cause est une mutation du gène CYP21A2 (déficit en 21-hydroxylase).

2. Syndrome de Cushing

Symptômes mimant le SOPK : prise de poids abdominale, cycles irréguliers, hyperandrogénisme, hirsutisme, acné, résistance à l'insuline. Le Cushing est rare mais peut simuler un SOPK sévère.

Test discriminant : cortisol libre urinaire des 24 heures et/ou test de freinage à la dexaméthasone 1 mg (cortisol > 50 nmol/L le lendemain matin est suspect). En cas d'anomalie, une IRM hypophysaire et une exploration surrénalienne sont indiquées.

3. Hyperprolactinémie

Symptômes mimant le SOPK : aménorrhée ou cycles irréguliers, parfois galactorrhée (écoulement de lait), infertilité.

Test discriminant : dosage de la prolactine sérique. Une prolactine > 200 mUI/L (selon les laboratoires) est significative. En cas d'élévation franche, une IRM hypophysaire est réalisée pour rechercher un adénome hypophysaire (prolactinome).

4. Tumeurs androgéno-sécrétantes

Symptômes d'alerte : hirsutisme à début brutal et rapide, virilisation (élargissement du clitoris, voix grave), taux d'androgènes très élevés.

Seuils d'alerte : testostérone totale > 5 nmol/L ou DHEA-S > 800 µg/dL (21,6 µmol/L). Ces valeurs doivent déclencher une imagerie urgente (échographie, IRM) des ovaires et des surrénales pour rechercher une tumeur.

5. Dysthyroïdie

Symptômes mimant le SOPK : hypothyroïdie peut provoquer des cycles irréguliers, prise de poids, fatigue, hyperprolactinémie secondaire. Une dysthyroïdie peut masquer ou aggraver un SOPK.

Test discriminant : TSH (thyroid-stimulating hormone). En cas d'anomalie, dosage de T4 libre et des anticorps anti-TPO (thyroïde auto-immune).

6. Insuffisance ovarienne prématurée (IOP)

Symptômes mimant le SOPK : aménorrhée, infertilité, bouffées de chaleur parfois. À distinguer du SOPK car le traitement est opposé.

Test discriminant : FSH > 40 UI/L à deux reprises à 4 semaines d'intervalle, associée à une AMH très basse ou indétectable (contraire du SOPK où l'AMH est élevée).

À retenir

  • HCS NC : 17-OH-progestérone élevée en phase folliculaire
  • Cushing : cortisol libre urinaire / test dexaméthasone
  • Hyperprolactinémie : prolactine sérique + IRM si élevée
  • Tumeur androgénique : testostérone > 5 nmol/L ou DHEA-S > 800 µg/dL → imagerie urgente
  • Dysthyroïdie : TSH systématique dans tout bilan de cycles irréguliers
  • IOP : FSH > 40 + AMH très basse (inverse du SOPK)