TSH
Thyréostimuline — dépistage thyroïdien dans le SOPK
Ce que c'est
La TSH (thyréostimuline ou hormone thyréostimulante) est produite par l'hypophyse pour stimuler la thyroïde à produire ses hormones (T3 et T4). Elle fonctionne comme un régulateur : quand la thyroïde est paresseuse (hypothyroïdie), l'hypophyse augmente la TSH pour la stimuler davantage. À l'inverse, quand la thyroïde est hyperactive, la TSH diminue.
La TSH est le premier marqueur de la fonction thyroïdienne en pratique clinique. Elle peut détecter à la fois l'hypothyroïdie (TSH haute) et l'hyperthyroïdie (TSH basse).
Pourquoi on en parle dans le SOPK
Le lien entre SOPK et pathologie thyroïdienne est bien documenté. Les personnes avec un SOPK ont une prévalence de thyroïdite auto-immune de Hashimoto 5 à 10 fois plus élevée que la population générale. La thyroïdite de Hashimoto est la cause la plus fréquente d'hypothyroïdie chez les femmes en âge de procréer.
L'hypothyroïdie peut mimer de nombreux symptômes du SOPK : irrégularités menstruelles, fatigue chronique, prise de poids, troubles de l'humeur, difficultés à concevoir. Ne pas la détecter peut conduire à un diagnostic de SOPK incomplet ou à des traitements insuffisants.
Les recommandations ESHRE 2023 sur le SOPK recommandent explicitement le dosage de la TSH et des anticorps anti-TPO (anti-thyroperoxydase) dans le bilan initial de toute personne suspectée de SOPK, même en l'absence de symptômes thyroïdiens évidents.
Valeurs normales
- TSH normale : 0,4–4,0 mUI/L
- Hypothyroïdie subclinique : TSH 4,0–10 mUI/L avec T4 normale
- Hypothyroïdie franche : TSH > 10 mUI/L avec T4 basse
- Hyperthyroïdie : TSH < 0,1 mUI/L
- Grossesse (T1) : seuil inférieur abaissé à 0,1–2,5 mUI/L selon les sociétés savantes
Les anti-TPO positifs avec une TSH normale signalent une thyroïdite auto-immune potentiellement évolutive : une surveillance annuelle est recommandée.
Quand est-ce mesuré ?
La TSH (et les anti-TPO) est incluse dans le bilan initial SOPKselon les recommandations ESHRE 2023. Elle peut être dosée à tout moment, sans contrainte de cycle ni de jeûne. En cas d'hypothyroïdie traitée, la surveillance de la TSH est effectuée régulièrement (tous les 6 à 12 mois).
À retenir
- Hashimoto 5–10× plus fréquent dans le SOPK qu'en population générale
- L'hypothyroïdie peut mimer les symptômes du SOPK
- TSH normale : 0,4–4,0 mUI/L
- ESHRE 2023 : TSH + anti-TPO recommandés dans tout bilan SOPK initial
- Anti-TPO positifs avec TSH normale : surveiller annuellement
Pour aller plus loin :