Testostérone
Libre, totale et biodisponible
Ce que c'est
La testostérone est le principal androgène circulant. Dans le sang, elle existe sous trois formes : liée à la SHBG (sex hormone-binding globulin, environ 65–80 %), liée à l'albumine (environ 20–30 %) et libre (1–3 %). La testostérone libre est la fraction biologiquement active — celle qui agit réellement sur les tissus.
La testostérone totale additionne toutes ces formes. Elle est plus facile à mesurer directement, mais son interprétation est limitée : si la SHBG est basse (ce qui est fréquent dans le SOPK avec insulinorésistance), la testostérone totale peut paraître normale alors que la fraction libre est élevée. C'est pourquoi les recommandations ESHRE 2023 préconisent de mesurer la testostérone libre calculée dans le bilan du SOPK.
Pourquoi on en parle dans le SOPK
L'hyperandrogénie biochimique — c'est-à-dire un excès d'androgènes mesuré dans le sang — est l'un des trois critères de Rotterdam pour le diagnostic de SOPK. Une testostérone libre calculée élevée est le marqueur le plus sensible pour confirmer cette hyperandrogénie, même en l'absence de signes cliniques visibles (acné, pilosité).
La méthode recommandée est la formule de Vermeulen : elle calcule la testostérone libre à partir de la testostérone totale, de la SHBG et de l'albumine (fixée à 4,3 g/dL par convention). Cette approche est plus fiable que le dosage direct de la testostérone libre, qui manque de sensibilité analytique dans les laboratoires standards.
Dans le SOPK, la SHBG est souvent abaissée par l'hyperinsulinisme. Cette diminution de la SHBG libère davantage de testostérone active, amplifiant l'hyperandrogénie même si la testostérone totale reste dans la plage de référence.
Valeurs normales
- Testostérone totale (femme adulte) : 15–70 ng/dL (0,5–2,4 nmol/L)
- Testostérone libre calculée : 0,3–1,9 ng/dL (0,01–0,066 nmol/L)
- Testostérone biodisponible : fraction libre + liée albumine
Ces valeurs varient selon les laboratoires et les méthodes de dosage. Seul votre biologiste peut interpréter vos résultats en tenant compte des plages de référence spécifiques à son laboratoire.
Quand est-ce mesuré ?
La testostérone est idéalement dosée entre le 2e et le 5e jour du cycle (phase folliculaire précoce), à jeun, le matin (pic circadien). En cas d'aménorrhée, elle peut être mesurée à tout moment. Le dosage doit inclure la SHBG et l'albumine pour permettre le calcul de la fraction libre.
À retenir
- La testostérone libre calculée (Vermeulen) est plus sensible que la totale dans le SOPK
- La SHBG basse (fréquente dans le SOPK) amplifie l'effet des androgènes
- L'hyperandrogénie biochimique est un critère de Rotterdam
- Doser à jeun, J2–J5 du cycle ou sans contrainte si aménorrhée
- Toujours interpréter avec SHBG, albumine et contexte clinique
Pour aller plus loin :