Œstradiol
Estradiol (E2) — principal œstrogène ovarien
Ce que c'est
L'œstradiol (E2) est le principal œstrogène produit par les cellules de la granulosa des follicules ovariens en croissance. Son taux varie considérablement au cours du cycle : bas en début de cycle (phase folliculaire précoce), il monte progressivement avec la croissance folliculaire, atteint un pic juste avant l'ovulation, puis diminue et remonte légèrement en phase lutéale.
C'est cet œstrogène — et non l'œstrone ou l'œstriol — qui est mesuré en routine clinique pour évaluer la fonction ovarienne.
Pourquoi on en parle dans le SOPK
Dans le SOPK, l'œstradiol en phase folliculaire précoce est souvent dans les valeurs basses à normales. Ce n'est pas en soi un signe d'alarme : il reflète simplement l'absence de follicule dominant actif, ce qui est cohérent avec l'anovulation chronique du SOPK.
L'œstradiol devient crucial lors du monitoring de la stimulation ovarienne (induction d'ovulation ou FIV) : son taux permet d'estimer le nombre et la taille des follicules en développement, de guider les ajustements de dose et de détecter un risque de syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO) — complication plus fréquente dans le SOPK.
L'œstradiol est également essentiel pour évaluer la préparation endométriale avant un transfert d'embryon, et pour comprendre les symptômes liés aux variations hormonales chez les personnes avec un SOPK en périménopause, où les fluctuations d'œstradiol peuvent être erratiques.
Valeurs normales
- J2–J4 du cycle (basal) : 20–150 pmol/L (soit environ 5–40 pg/mL)
- Pic pré-ovulatoire : 400–1 500 pmol/L
- Phase lutéale : 150–900 pmol/L
- Ménopause / insuffisance ovarienne : < 100 pmol/L (avec FSH élevée)
Un œstradiol basal élevé (> 200–250 pmol/L en J2–J4) peut indiquer un kyste fonctionnel ou un follicule persistant, et doit être pris en compte avant de démarrer une stimulation.
Quand est-ce mesuré ?
Dans le bilan de base SOPK, l'œstradiol est dosé en J2–J4 du cycle avec la FSH, la LH et l'AMH. Pendant une stimulation ovarienne, il est dosé tous les 2 à 3 jours (selon le protocole). En cas d'aménorrhée, un dosage à tout moment peut donner une indication sur le statut hormonal global.
À retenir
- Principal œstrogène ovarien, produit par les cellules de la granulosa
- Souvent bas-normal en J2–J4 dans le SOPK — cohérent avec l'anovulation
- Clé pour le monitoring de stimulation et la prévention du SHO
- Évalue la préparation endométriale avant transfert d'embryon
- Doser idéalement en J2–J4 ou selon protocole de stimulation
Pour aller plus loin :