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Outil · mise à jour le 17 mai 2026

Score Ferriman-Gallwey : auto-évaluer l'hirsutisme à la maison

Le score Ferriman-Gallwey est l'outil de référence pour évaluer objectivement l'hirsutisme féminin — une pilosité de type masculin liée à un excès d'androgènes. Il note 9 zones corporelles de 0 à 4, pour un total sur 36. Dans le contexte du SOPK / SMOP, c'est l'un des critères d'hyperandrogénie clinique utilisés pour le diagnostic.

Cet outil ne pose aucun diagnostic. Le score Ferriman-Gallwey est un indicateur clinique parmi d'autres. Il s'interprète avec votre médecin, dans le contexte de votre bilan hormonal complet. Ne prenez aucune décision thérapeutique sur la seule base de ce score.

Cliquez sur une zone pour la noter, puis sélectionnez le grade 0–4 qui correspond.

Zone active

👄 Lèvre supérieure

Score total

0 / 36

Pas d’hirsutisme cliniquement significatif

Votre score est dans la norme. La perception subjective d’une pilosité excessive peut exister sans hirsutisme clinique. Si vous vous sentez concernée, un dermatologue peut évaluer les options esthétiques.

Lèvre supérieure0/4
Menton0/4
Poitrine0/4
Haut du dos0/4
Bas du dos0/4
Haut du ventre0/4
Bas du ventre0/4
Bras0/4
Cuisses0/4

Outil d'auto-évaluation basé sur Hatch et al., 1981 (score Ferriman-Gallwey modifié). Ne remplace pas un avis médical. Aucune donnée transmise à nos serveurs.

Qu'est-ce que le score Ferriman-Gallwey ?

En 1961, les médecins David Ferriman et James Gallwey publient dans le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism une méthode d'évaluation visuelle de l'hirsutisme féminin portant sur 11 zones corporelles. Chaque zone est notée de 0 (aucun poil terminal) à 4 (pilosité dense caractéristique d'un homme adulte). Cette échelle originale à 11 zones était relativement complexe à appliquer en routine clinique.

En 1981, Hatch, Rosenfield, Kim et Tredway simplifient le score en supprimant deux zones jugées peu discriminantes — l'avant-bras et les jambes — pour aboutir à la version à 9 zones aujourd'hui universellement utilisée. Cette version modifiée, appelée mFG (modified Ferriman-Gallwey) ou simplement FG, couvre la lèvre supérieure, le menton, la poitrine, le haut du dos, le bas du dos, le haut du ventre, le bas du ventre, les bras et les cuisses. Le score total va de 0 à 36.

Ce score est devenu le standard clinique mondial pour documenter et suivre l'hirsutisme. Il est cité dans les critères de Rotterdam (2003), les guidelines de l'Endocrine Society (2018) et les recommandations internationales SOPK/SMOP (2023). Il sert à la fois à établir un diagnostic initial et à mesurer la réponse aux traitements anti-androgéniques ou contraceptifs sur le long terme.

Comment utiliser cet outil honnêtement

La validité de votre auto-évaluation dépend d'une condition essentielle : noter la pilosité telle qu'elle pousse naturellement, sans biais lié à l'épilation récente. Un poil épilé à la cire ou au laser il y a deux semaines n'est plus visible, mais son follicule est toujours actif — votre score serait sous-estimé.

La règle pratique : n'évaluez que les zones où vous n'avez pas épilé depuis au moins six semaines. Si certaines zones sont systématiquement épilées (lèvre supérieure, menton), estimez la pilosité que vous observez lors de la repousse, avant votre prochaine séance. L'honnêteté avec soi-même est ici une condition de fiabilité médicale.

Pour chaque zone, lisez attentivement les descriptions de grade avant de cocher. Le grade 0 correspond à une absence totale de poils terminaux (les poils duvet fins et clairs ne comptent pas). Le grade 4 représente une couverture dense et continue comparable à celle d'un homme adulte. Si vous hésitez entre deux grades, choisissez le plus bas : mieux vaut sous-estimer que surestimer. Votre médecin pourra compléter ou corriger l'évaluation lors de l'examen clinique.

Les seuils selon l'origine ethnique

Il n'existe pas de seuil universel pour le score Ferriman-Gallwey. La densité de pilosité de base varie significativement selon l'origine ethnique, indépendamment de tout excès d'androgènes. Les recommandations internationales reconnaissent aujourd'hui trois seuils distincts :

  • Populations caucasiennes et nord-européennes : seuil d'hirsutisme clinique à 8. C'est le seuil le plus souvent cité dans les études françaises et américaines.
  • Populations asiatiques (Chine, Japon, Corée) : seuil abaissé à 5. La pilosité corporelle de base étant naturellement plus légère, un score de 6 peut déjà signaler une androgénie excessive.
  • Populations méditerranéennes et sud-asiatiques (Inde, Pakistan, Maghreb) : seuil relevé à 10. Une pilosité plus dense est constitutionnellement normale dans ces populations ; diagnostiquer un hirsutisme en dessous de ce seuil serait une sur-pathologisation.

Cette variabilité ethnique a des implications directes : une femme d'origine indienne avec un score de 9 peut ne pas avoir d'hirsutisme clinique, tandis qu'une femme d'origine japonaise avec un score de 6 doit faire l'objet d'un bilan hormonal. Mentionnez toujours votre origine ethnique à votre médecin lors de l'interprétation du score.

Que faire avec un score élevé ?

Un score supérieur au seuil ethnique adapté justifie un bilan hormonal. Ce bilan vise à identifier la cause de l'excès d'androgènes et à orienter la prise en charge. Les examens recommandés en première ligne sont :

  • Testostérone totale et libre — le marqueur principal de l'hyperandrogénie circulante. La testostérone libre (calculée ou mesurée) est plus sensible que la totale seule.
  • SHBG (Sex Hormone Binding Globulin) — une SHBG basse augmente la fraction libre de testostérone. C'est fréquent dans l'insulinorésistance associée au SOPK/SMOP.
  • DHEAS (déhydroépiandrostérone sulfate) — androgène d'origine surrénalienne. Un taux très élevé oriente vers une cause surrénalienne plutôt qu'ovarienne.
  • 17-OH-progestérone — à doser de préférence le matin en phase folliculaire. Un taux élevé évoque une hyperplasie congénitale des surrénales (HCS) non classique, diagnostic différentiel important du SOPK.
  • Échographie pelvienne — recherche de morphologie ovarienne polykystique (MOPK) et évalue le volume ovarien. Voir le guide des examens SOPK.

Le médecin à consulter en priorité est un gynécologue ou un endocrinologue. Un dermatologue peut être utile pour évaluer les options cosmétiques, mais n'est pas le spécialiste de la cause hormonale.

Hirsutisme idiopathique vs SMOP/SOPK en 2026

Avoir un score Ferriman-Gallwey élevé ne signifie pas automatiquement avoir un SOPK ou un SMOP. En 2026, on estime qu'environ 50 % des femmes hirsutes ont un hirsutisme dit idiopathique — c'est-à-dire un score élevé avec des androgènes circulants dans les normes et des cycles réguliers. Dans ce cas, la pilosité excessive traduit une sensibilité accrue des follicules pileux aux androgènes, sans cause hormonale identifiable.

Parmi les femmes hirsutes avec androgènes élevés, le SOPK / SMOP est de loin la cause la plus fréquente : il représente environ 70 % des hirsutismes hyperandrogéniques. Les autres causes sont :

  • Hyperplasie congénitale des surrénales (HCS) non classique — forme tardive du déficit en 21-hydroxylase, souvent confondue avec le SOPK, dépistée par la 17-OH-progestérone.
  • Tumeurs androgéno-sécrétantes — rares, mais à évoquer en cas d'installation rapide et d'androgènes très élevés. L'imagerie surrénalienne et ovarienne s'impose.
  • Médicaments androgéniques — certains progestatifs de synthèse (norgestrel, lévonorgestrel à forte dose), le danazol, la tibolone et les stéroïdes anabolisants peuvent induire une pilosité de type masculin.
  • Syndrome de Cushing — à évoquer si l'hirsutisme s'accompagne de prise de poids abdominale, de vergetures pourpres et d'une fatigue marquée.

La distinction entre ces causes n'est possible que par le bilan biologique. Le score Ferriman-Gallwey quantifie le symptôme, il n'identifie pas la cause.

Traitements de l'hirsutisme disponibles

La prise en charge de l'hirsutisme associe généralement des traitements cosmétiques immédiats — pour les poils déjà présents — et des traitements médicaux qui agissent sur la cause hormonale pour ralentir la repousse sur le long terme.

Traitements cosmétiques

  • Épilation au laser et lumière pulsée (IPL) — traitement le plus efficace à long terme pour une réduction permanente. Nécessite plusieurs séances (6 à 8 en moyenne) et fonctionne mieux sur les poils foncés. Remboursé en partie en cas d'indication médicale dans certains pays.
  • Électrolyse — seule méthode légalement qualifiée de « permanente » par la FDA américaine. Lente et coûteuse, mais efficace sur toutes les carnations et couleurs de poils.
  • Éflornithine topique (Vaniqa®) — crème ralentissant la croissance du poil facial. À utiliser en complément d'une épilation, non en remplacement.

Traitements médicaux systémiques

  • Contraceptifs oestroprogestatifs (COC) — augmentent la SHBG et réduisent la testostérone libre. Efficacité modérée sur la pilosité (réduction de 2 à 3 points FG après 6 mois). À lire : Pilule et SOPK.
  • Spironolactone — anti-androgène à large utilisation en pratique française. Réduit la production et l'activité des androgènes. Efficace à des doses de 100–200 mg/jour. À lire : Spironolactone et SOPK.
  • Flutamide — anti-androgène puissant, utilisé à faible dose (62,5–250 mg/j) pour limiter l'hépatotoxicité. Résultats souvent supérieurs à la spironolactone, mais surveillance hépatique obligatoire.
  • Finastéride — inhibiteur de la 5α-réductase. Efficace sur la pilosité et l'alopécie androgénique. Contre-indiqué en cas de désir de grossesse.

L'efficacité de tout traitement médical sur l'hirsutisme est lente : attendez au moins 6 mois avant d'évaluer les résultats. Le score Ferriman-Gallwey pris en début et en fin de traitement est l'indicateur de suivi recommandé. Pour une vision d'ensemble : Acné, pilosité et cheveux dans le SOPK.

Questions fréquentes

Le score Ferriman-Gallwey est-il fiable pour l'autodiagnostic ?
Le score est un outil de dépistage, pas de diagnostic en lui-même. Il permet d'objectiver et de quantifier une pilosité que vous percevez comme excessive, et de décider si une consultation médicale s'impose. La fiabilité de l'auto-évaluation dépend de la rigueur avec laquelle vous notez chaque zone : pilosité actuelle, non épilée depuis au moins 6 semaines. Votre médecin réalisera le même scoring lors de l'examen clinique pour valider votre évaluation.
Puis-je faire ce test si j'utilise déjà un traitement contre l'hirsutisme ?
Oui, mais précisez-le à votre médecin. Si vous prenez un anti-androgène (spironolactone, flutamide) ou une pilule oestroprogestative, votre score actuel sera sous-estimé par rapport à votre score de départ. Il est utile de noter votre score avant traitement dès la première consultation pour mesurer l'efficacité dans le temps. Si vous êtes sous traitement depuis longtemps, demandez à votre médecin de retrouver votre score initial dans votre dossier.
La pilosité a diminué avec la pilule — faut-il noter la pilosité actuelle ou d'avant ?
Notez toujours la pilosité actuelle, telle qu'elle est en ce moment (sans épilation récente). Si vous prenez la pilule depuis plusieurs mois ou années et que la pilosité a diminué, votre score actuel reflète l'efficacité du traitement — c'est une bonne nouvelle. Si vous souhaitez comparer avec votre état de départ, essayez de reconstituer votre score initial de mémoire et faites deux évaluations distinctes pour les apporter à votre médecin.
Un score de 7 signifie-t-il que je n'ai pas de SMOP ?
Non. Le score Ferriman-Gallwey mesure l'hirsutisme visible, qui n'est qu'un des critères du SMOP/SOPK (critères de Rotterdam). Le SMOP peut exister sans hirsutisme clinique — notamment chez les femmes ayant une pilosité naturellement faible (origines asiatiques, par exemple), ou lorsque l'hyperandrogénie est biochimique sans traduction cutanée. Un bilan hormonal reste indispensable pour diagnostiquer ou exclure le SOPK/SMOP.
Comment ce score est-il utilisé par les médecins ?
En consultation, le médecin peut réaliser lui-même ce scoring visuel lors de l'examen clinique, ou vous demander de le compléter avant la consultation. Il s'inscrit dans un bilan global incluant un dosage hormonal et, si besoin, une échographie pelvienne. Le score sert aussi à suivre l'évolution sous traitement : une baisse de 2 à 3 points est considérée comme cliniquement significative dans les études. Les dermatologues, gynécologues et endocrinologues l'utilisent tous comme référence commune.
L'outil mémorise-t-il mes données ?
Non. Toutes les données saisies restent dans votre navigateur uniquement. Aucune information n'est transmise à nos serveurs ni stockée localement entre les sessions. Si vous fermez l'onglet, les données sont perdues — téléchargez le PDF avant de quitter si vous souhaitez conserver votre résultat pour le montrer à votre médecin.

Références : Ferriman D, Gallwey JD. Clinical assessment of body hair growth in women. J Clin Endocrinol Metab. 1961;21:1440-7. — Hatch R, Rosenfield RL, Kim MH, Tredway D. Hirsutism: implications, etiology, and management. Am J Obstet Gynecol. 1981;140(7):815-30. — Lizneva D et al. Criteria, prevalence, and phenotypes of polycystic ovary syndrome. Fertil Steril. 2016;106(1):6-15.