Aménorrhée et SOPK / SMOP — l'absence de règles
L'aménorrhée, c'est-à-dire l'absence de règles, est l'une des manifestations possibles du SMOP (ex-SOPK). Elle traduit une absence d'ovulation. Cette page explique le mécanisme, les autres causes à éliminer, pourquoi un suivi est important pour l'endomètre, et quand consulter.
Qu'est-ce que l'aménorrhée ?
L'aménorrhée est l'absence de menstruation. On distingue :
- Aménorrhée primaire : absence de premières règles à un âge où elles auraient dû apparaître.
- Aménorrhée secondaire : arrêt des règles pendant au moins 3 mois chez une femme auparavant réglée.
Dans le SMOP, il s'agit le plus souvent d'une aménorrhée secondaire, liée à l'absence d'ovulation régulière.
Pourquoi le SMOP peut-il provoquer une aménorrhée ?
Sans ovulation, il n'y a pas de formation du corps jaune ni de sécrétion de progestérone. Or c'est la chute de la progestérone qui déclenche les règles. Quand l'ovulation est durablement absente, les règles peuvent disparaître pendant plusieurs mois. Ce mécanisme est le même que celui décrit pour les règles irrégulières, à un degré plus marqué.
Les autres causes d'aménorrhée à éliminer
Avant de rattacher une aménorrhée au SMOP, le médecin élimine systématiquement :
- Une grossesse — toujours la première hypothèse à écarter.
- Une dysfonction thyroïdienne (voir SOPK et thyroïde).
- Une hyperprolactinémie.
- Une aménorrhée hypothalamique (stress, restriction alimentaire, sport intense).
- Une insuffisance ovarienne prématurée.
Pourquoi ne pas négliger une aménorrhée prolongée
L'absence durable de règles expose l'endomètre à une stimulation prolongée par les œstrogènes sans la contrepartie de la progestérone. Au fil du temps, cela peut favoriser une hyperplasie de l'endomètre. Un suivi médical permet de protéger l'endomètre, indépendamment d'un projet de grossesse. Pour comprendre ce risque, voir SOPK et cancer de l'endomètre.
Quelle prise en charge ?
La prise en charge dépend de l'objectif et se décide avec un médecin. Elle peut comprendre :
- Des modifications du mode de vie (première ligne selon ESHRE 2023).
- Un progestatif cyclique ou une pilule pour protéger l'endomètre (voir pilule et SOPK).
- Une induction de l'ovulation en cas de désir de grossesse (voir létrozole).
Sources
Teede HJ et al., International evidence-based guideline for PCOS, ESHRE/Monash, 2023 · HAS, syndrome des ovaires polykystiques · Rotterdam ESHRE/ASRM consensus, 2004.
FAQ — Aménorrhée et SOPK
- Qu'est-ce que l'aménorrhée ?
- L'aménorrhée désigne l'absence de règles. On distingue l'aménorrhée primaire (absence de premières règles à un âge où elles devraient être apparues) et l'aménorrhée secondaire (arrêt des règles pendant au moins 3 mois chez une femme qui était réglée). Dans le SMOP, il s'agit le plus souvent d'une aménorrhée secondaire liée à l'absence d'ovulation.
- L'absence de règles dans le SOPK est-elle dangereuse ?
- L'absence prolongée de règles expose l'endomètre à une stimulation continue par les œstrogènes sans la progestérone qui le « nettoie » lors des règles. À long terme, cela peut favoriser une hyperplasie endométriale. C'est pourquoi un suivi médical est recommandé pour protéger l'endomètre, même sans projet de grossesse.
- Comment distinguer une aménorrhée du SOPK d'une autre cause ?
- Seul un bilan médical le permet. D'autres causes d'aménorrhée doivent être éliminées : grossesse, troubles thyroïdiens, hyperprolactinémie, aménorrhée hypothalamique (stress, perte de poids, sport intense), insuffisance ovarienne. Le diagnostic de SMOP repose sur les critères de Rotterdam après exclusion de ces causes.
Voir aussi
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