SOPK / SMOP et cancer de l'endomètre
Le SMOP (ex-SOPK) est associé à un risque accru de pathologie de l'endomètre quand les cycles sont très espacés sur le long terme. Ce sujet mérite d'être expliqué avec prudence : le risque est relatif et largement réductible par la prévention. Cette page explique le mécanisme et la protection de l'endomètre.
Pourquoi ce risque existe-t-il ?
Dans un cycle ovulatoire, l'endomètre s'épaissit sous l'effet des œstrogènes, puis la progestérone (produite après l'ovulation) prépare sa desquamation lors des règles. Dans le SMOP, l'ovulation est souvent absente : l'endomètre reste exposé aux œstrogènes sans la contrepartie protectrice de la progestérone. Sur de longues périodes, cette stimulation continue peut favoriser une hyperplasie de l'endomètre, qui peut dans certains cas évoluer. C'est ce mécanisme, plus que le SMOP « en soi », qui explique le risque.
Voir comment les cycles sont affectés dans la fiche aménorrhée et SOPK et règles irrégulières.
Garder le sens des proportions
Le cancer de l'endomètre reste rare avant la ménopause. Le sur-risque associé au SMOP est un risque relatif, et la prévention est efficace. L'objectif de cette page n'est pas d'inquiéter mais d'expliquer pourquoi un suivi et une protection de l'endomètre sont recommandés.
Comment protéger son endomètre ?
La protection passe avant tout par le fait d'avoir suffisamment de cycles par an, ou de protéger l'endomètre par un traitement. Les options, à décider avec un médecin, incluent :
- Des modifications du mode de vie, qui peuvent restaurer des cycles plus réguliers.
- Une pilule œstroprogestative ou un progestatif cyclique.
- Un dispositif intra-utérin au lévonorgestrel dans certaines situations (sur indication médicale).
Signes qui doivent faire consulter
Consultez un médecin en cas de saignements anormaux : très abondants, très prolongés, survenant entre les cycles de façon répétée, ou tout saignement après la ménopause. Ces signes ne signifient pas qu'il y a un cancer, mais ils justifient un examen.
À situer dans l'ensemble du suivi
Le risque endométrial fait partie des complications à long terme du SMOP. Un suivi gynécologique régulier permet de l'anticiper.
Sources
Teede HJ et al., International evidence-based guideline for PCOS, ESHRE/Monash, 2023 · HAS / INCa, données sur le cancer de l'endomètre.
FAQ — SOPK et cancer de l'endomètre
- Le SOPK augmente-t-il le risque de cancer de l'endomètre ?
- La guideline ESHRE 2023 reconnaît un risque accru d'hyperplasie et de cancer de l'endomètre chez les femmes avec SMOP, surtout en cas de cycles très espacés sur de longues périodes. Il s'agit d'un risque relatif : le cancer de l'endomètre reste rare avant la ménopause, et le risque est largement réductible par la prévention.
- Pourquoi les cycles espacés sont-ils en cause ?
- Sans ovulation régulière, l'endomètre est stimulé en continu par les œstrogènes sans être contrebalancé par la progestérone, qui le « nettoie » lors des règles. Cette stimulation prolongée peut favoriser un épaississement anormal (hyperplasie), précurseur possible de lésions. C'est pourquoi un nombre minimal de cycles par an ou une protection de l'endomètre est important.
- Comment protéger son endomètre quand on a un SOPK ?
- La protection passe souvent par la régularisation des cycles : modifications du mode de vie, et selon le cas une pilule œstroprogestative ou un progestatif cyclique prescrit par le médecin. Tout saignement anormal (très abondant, prolongé, ou survenant après la ménopause) doit faire consulter rapidement.
Voir aussi
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