Symptômes du SMOP / SOPK — liste complète et signes d'alerte
Le SMOP (Syndrome Métabolique et Ovarien Polyendocrinien, nouveau nom du SOPK depuis mai 2026) se manifeste par des symptômes variés qui touchent les cycles, la peau, le métabolisme et parfois l'humeur. Cette page recense les manifestations documentées et rappelle les critères diagnostiques officiels (Rotterdam, repris par l'ESHRE 2023). Aucun symptôme isolé ne suffit à poser le diagnostic : seul un médecin peut le faire.
Les symptômes du SMOP les plus fréquents
- Cycles irréguliers, rares ou absents
- Hirsutisme (pilosité excessive)
- Acné hormonale persistante
- Chute de cheveux (alopécie androgénétique)
- Prise de poids, difficulté à en perdre
- Résistance à l'insuline, fringales sucrées
- Difficultés de fertilité (anovulation)
- Fatigue et troubles de l'humeur
Tous ces signes ne sont pas présents chez chaque femme : ils varient selon le phénotype (A, B, C ou D).
Les trois grandes familles de symptômes
Le diagnostic du SMOP repose sur les critères de Rotterdam (2003), toujours retenus par la guideline internationale ESHRE 2023. Deux des trois critères suivants suffisent, après exclusion d'autres pathologies (thyroïde, hyperprolactinémie, bloc enzymatique surrénalien) :
- Trouble de l'ovulation (oligo-anovulation) : cycles espacés, irréguliers ou absents — le symptôme le plus fréquent.
- Hyperandrogénie : signes cliniques (acné, hirsutisme, chute de cheveux) ou biologiques (testostérone élevée au dosage sanguin).
- Aspect échographique évocateur : nombreux follicules et/ou volume ovarien augmenté à l'échographie pelvienne.
Pour le détail des critères, voyez la fiche critères de Rotterdam et les quatre phénotypes A, B, C, D.
Symptômes liés au cycle menstruel
Les troubles du cycle sont la manifestation la plus courante du SMOP. Ils traduisent un défaut d'ovulation régulière :
- Cycles longs (oligoménorrhée) : intervalle supérieur à 35 jours, ou moins de 8 cycles par an. Voir règles irrégulières et SOPK.
- Absence de règles (aménorrhée) : absence de menstruation pendant 3 mois ou plus. Voir aménorrhée et SOPK.
- Cycles imprévisibles : alternance de cycles courts et longs. Voir cycles irréguliers.
Symptômes d'hyperandrogénie (peau, pilosité, cheveux)
L'excès d'androgènes, fréquent dans le SMOP, se traduit par des signes cutanés :
- Hirsutisme : pilosité de type masculin (menton, lèvre supérieure, torse). Évaluée par le score de Ferriman-Gallwey. Voir hirsutisme et SOPK et le score de Ferriman.
- Acné persistante : souvent inflammatoire, localisée au bas du visage, au cou, au dos.
- Chute de cheveux (alopécie androgénétique) : éclaircissement du sommet du crâne. Voir chute de cheveux et SOPK.
Ces signes sont détaillés dans la fiche acné, pilosité et cheveux.
Symptômes métaboliques
Le SMOP est étroitement lié au métabolisme. L'insulinorésistance est présente chez une part importante des femmes concernées et peut s'accompagner de :
- Prise de poids ou difficulté à perdre du poids, souvent abdominale.
- Fringales, notamment pour les glucides.
- Acanthosis nigricans (épaississement foncé de la peau dans les plis) — signe possible d'insulinorésistance.
Pour comprendre ce mécanisme central, consultez la fiche résistance à l'insuline et SOPK.
Symptômes moins connus
D'autres manifestations sont régulièrement rapportées, même si elles ne figurent pas parmi les critères diagnostiques :
- Fatigue : voir fatigue et SOPK.
- Troubles de l'humeur : anxiété et symptômes dépressifs sont plus fréquents que dans la population générale (voir SOPK et santé mentale).
- Troubles du sommeil : notamment un risque accru d'apnée du sommeil (voir SOPK et apnée du sommeil).
- Difficultés de fertilité : liées à l'anovulation (voir SOPK et fertilité).
Quand consulter ?
Il est recommandé de consulter un médecin si vous présentez plusieurs des signes décrits, en particulier des cycles régulièrement supérieurs à 35 jours, une absence de règles de 3 mois ou plus, une pilosité excessive, ou des difficultés à concevoir. Le diagnostic nécessite un examen clinique, un bilan hormonal et parfois une échographie. La fiche bilan et examens du SOPK détaille le parcours diagnostique. Pour préparer votre rendez-vous, voyez les questions à poser à votre médecin.
Sources
Teede HJ et al., International evidence-based guideline for the assessment and management of polycystic ovary syndrome, ESHRE/Monash, 2023 · Rotterdam ESHRE/ASRM consensus, 2004 (Hum Reprod) · HAS, fiche pertinence des soins sur le syndrome des ovaires polykystiques.
FAQ — Symptômes du SMOP / SOPK
- Quels sont les trois principaux symptômes du SMOP ?
- Selon les critères de Rotterdam, le diagnostic repose sur trois éléments : des cycles irréguliers ou absents (oligo-anovulation), des signes d'excès d'androgènes (hyperandrogénie clinique comme l'acné ou l'hirsutisme, ou biologique au dosage sanguin), et un aspect d'ovaires multifolliculaires à l'échographie. Deux de ces trois critères suffisent au diagnostic, après exclusion d'autres causes.
- Peut-on avoir un SMOP sans tous les symptômes ?
- Oui. Le SMOP regroupe quatre phénotypes (A, B, C, D) selon la combinaison de critères présents. Une femme peut avoir des cycles irréguliers et une hyperandrogénie sans ovaires multifolliculaires, ou l'inverse. Les symptômes et leur intensité varient fortement d'une personne à l'autre.
- La fatigue est-elle un symptôme du SMOP ?
- La fatigue n'est pas un critère diagnostique mais elle est fréquemment rapportée. Elle peut être liée à l'insulinorésistance, à un sommeil de mauvaise qualité, à un trouble de l'humeur associé ou à une carence (fer, vitamine D). Elle mérite un bilan médical car elle n'est pas spécifique du SMOP.
- Quand consulter pour des symptômes évocateurs de SMOP ?
- Il est conseillé de consulter en cas de cycles régulièrement espacés de plus de 35 jours, d'absence de règles pendant 3 mois ou plus, d'une pilosité excessive, d'une acné résistante, ou de difficultés à concevoir après 12 mois (ou 6 mois après 35 ans). Seul un médecin peut établir le diagnostic.
Voir aussi
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